EXPULSION

Du plus haut au plus loin

Je veux expulser la honte

D’avoir malmené l’environnement

Et de s’être cru propriétaire

Du plus haut au plus loin

Je veux expulser la faim

Qui endort l’espoir

Et condamne à jamais

Du plus haut au plus loin

Je veux expulser la peur

Celle qui nait de l’ignorance

Et parfois de l’illusion

Du plus haut au plus loin

Je veux expulser la guerre

Qui n’est que désastre

Où la mort tient lieu de justice

Du plus près au plus près

Je veux voir poindre le soleil

Celui qui fait rire les fleurs

Et nous fait chanter Alléluia

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L’automne 2026

Dans les temples déserts

De nos rêveries enfumées

Dans le silence de l’arbre

Qui voit chuter ses feuilles

Dans le cri du hibou esseulé

Qui litanise sa mélopée

Le vent caresse la terre moite

En rappelant les amours passées

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L’ÉTÉ

L’été s’en est allé

Sur la pointe des pieds

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H I E R


Deux chaises au bout du quai

Le soleil passe l’horizon

Des goélands planent haut

L’eau clapote sur les galets

*

Les arbres font la sentinelle

Et se bercent sous la brise

Pendant qu’une nerveuse canne

Suit ses petits un peu fouineurs

*

Dans cet air chaud d’été

Les heures sont suspendues

Au seul plaisir d’un bien-être

À saveur d’une naissance prolongée

*

Comme dans une sorte d’extase

Je me sens au cœur de l’existence

Mon âme frémit

La plénitude m’envahit

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D É S A R R O I

Sur des notes de volée légère

Il tend la main à la fortune

Sans approche elle s’évapore

Déçu, de nuit, il part en mer

*

Sur le sable il avait écrit un SOS

Le tocsin d’urgence a résonné

Dans la tourmente avancée

L’action collective s’affadit

*

Déjà les brumes de l’oubli

Ont égaré son regard

Éole inspiré le ramène au quai

L’espoir en oriflamme

*

Un souffle d’avenir a tout balayé

Assis sur les marches de l’entrée

Une douce brise joue dans ses cheveux

Son chat ronronne endormi

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H O R I Z O N

Comme le vent

N’a pas encore

Soufflé ma lampe

Et me sentant parfois

Un automne tardif

*

Peu m’en chaut

Des grisailles de novembre

Je vais laisser tout le jour

Ma porte grand ouverte

Aux bonheurs qui passent

*

Sur la mélancolie de la mer

Mon navire tarde

À rentrer au port

Et mon regard se pointe encore

À l’horizon des jours

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E S S A I S

Me lever tôt

Et nourrir mes matins

*

Ça je sais

*

Profiter du bon temps

Et admirer la nature

*

Ça je sais

*

M’enivrer de musique

Et goûter le bon vin

*

Ça je sais

*

Rencontrer de bons amis

Et échanger des souvenirs

*

Ça je sais

*

Mais aimer

*

Ça j’essaie

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É C L O S I O N

Dans l’éclosion de l’éphémère

Il y a tout ce qui fuit

Et qu’on voudrait garder

Tout contre soi encore un peu

*

Mais …

*

Déjà les arbres agitent

De vertes neuves feuilles

Et le nid de l’oiseau

Est très occupé

*

C’esr le grand retour du pissenlit

Et le vrombissement des tondeuses

Avec le zézaiement taquin des maringouins

Et autres volatiles pernicieux

*

Voilà quelques petits riens

Qui vont rompre l’ennui

Des quotidiens routiniers

Où voltigent paresse et agréments

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S O U V E N I R S

Sur le tableau bleu du temps passé

J’arpente la mer de mes souvenirs

Souper tôt et lit simple à deux places

Combine d’hiver et vélo rouillé

*

Tuberculose d’ado qui déroute

Et enfièvre la vie longtemps

*

Le quotidien des tâches assumées

Croire en Dieu et aller à confesse

L’espoir ancré d’un avenir meilleur

Des rêves aux aguets qui patientent

*

Puis

*

Des tiges de bonheur ont parsemé la route

*

Et le vent s’est levé

La vie a pris son rythme

Celui du coeur

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N O C T U R N E

Il pleut sur la ville

Les gens marchent à pas pressés

Les terrasses sont désertes

Des amis jasent sous parapluies

*

Un écureuil joue au curieux

Sur le bout d’une branche

Pendant que passe un corbillard

Accompagné de larmes de pluie

*

Sur le mur d’en face

On a peint un geai bleu

Nourrissant ses petits

Aux becs bien ouverts

*

Le soleil veille momentanément

Caché sous un gros nuage

Qui fait son court chemin

Vers l’horizon déjà réjoui

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