Archives mensuelles : février 2012

RELÂCHE

C’est jeudi et je suis chez ma coiffeuse. Elle travaille dans un salon où circule tout le monde : des femmes, des hommes et des enfants. Aujourd’hui, contrairement à l’habitude, il y a beaucoup de va-et-vient. Ma coiffeuse m’informe que dès l’approche de la semaine de relâche des écoliers, beaucoup de gens sentent le besoin d’une coupe de cheveux nouvelle ou d’une retouche pour se sentir plus à l’aise en cas de voyage ou de déplacement et, pour le seul plaisir.

Il n’y a pas si longtemps, cette semaine était une pause pour les étudiants et les élèves afin de mieux replonger dans leurs études par après. Pour certains, c’était même un temps béni propice pour effectuer des travaux en attente d’un point final. Question de rejoindre ceux qui marchaient plus vite.

Aujourd’hui, on parle de  moments pour permettre aux familles de vivre ensemble quelques jours de rapprochement et de plaisirs partagés. Il n’en fallait pas plus pour que les cités et les villes de la province se dotent de programmes tous centrés sur cet objectif social et familial.

Que dire des parents qui ne peuvent se permettre cette relâche ? Qui sera le gardien quand le père et la mère sont tous les deux rivés à leur travail ? Comment alors donner le répit et les loisirs attendus par leurs enfants ? Serait-ce l’occasion d’accommodements raisonnables ?

Pour d’autres, les petites surprises sont de mises et fortement encouragées. C’est devenu comme une immense récréation où la cloche de la rentrée reste muette.

Cette année, par un curieux hasard, les étudiants font devancer la semaine de relâche en s’invitant à un débrayage qui implique des pancartes et une présence au grand air obligée.

Au plaisir !

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SAISONS

 

 

 Je respire avec soin et je gonfle mes nuits

Je ne suis pas un train et j’avance sans bruit

Je brûle mes souliers, j’érotise le château

La lampe a deux pieds et la rue aux badauds

L’ordre revendiqué dessine des couleurs

Aux oreilles du quai la brume est sans douleur

Entre la source et l’eau l’échec du roi fait loi

Meurt la fleur en lambeau, sur la table gît l’oie

Seul comme grande meule et rond comme un ballon

La place est comme glace et balcon en glaçon

Sur capot l’orignal et lièvre dans un piège

Passent les carnavals et les souffleuses de neige

Le temps bleu est entré, le balai est ouvert

Viennent les jours d’été et janvier en hiver

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La Saint-Valentin

Hier, je suis passé au centre commercial pour acheter une bricole que seule une grande surface peut offrir en solde. Toutefois, ce qui n’a pas manqué de me laisser pantois, c’est l’effervescence autour de la Saint-Valentin.

Je ne sais qui a lancé le concours, mais il y avait une telle abondance de cœur, de chocolat, de rouge, de dentelle affriolante et autres artifices qu’on ne pouvait pas ne pas nous sentir envahis par une fête qui dit-on, doit souligner l’amour.

Bien sûr on peut s’aimer tous les jours de l’année. Toutefois, il n’est pas interdit de faire d’une journée un moment fort pour nous en conscientiser. D’en faire une fête, n’est pas dénué de sens ni d’à-propos. Soit !

Mais, fallait-il en mettre autant ? Fallait-il multiplier les ingéniosités et les babioles ? Finalement, fallait-il que ce soit les commerces qui hissent si fièrement les bannières et se montrent les plus fervents promoteurs de l’amour humain ? Il me semble y avoir là un certain dérapage, pour ne pas dire une monumentale fausse représentation.

L’amour a un côté intime. Chacun peut le manifester à sa façon. C’est là une richesse qui doit marquer nos rapports et qualifier nos relations de couple d’une empreinte toute pleine de délicatesse, de tendresse et non un rempli de gadgets, de manières empruntées et de ferveurs pré-adolescentes.

En ce jour du 14 février, j’ai l’âme à rentrer chez moi et à m’abreuver d’un silence plein d’une musique aux consonances romantiques. Aurais-je alors le vrai goût d’aimer sans artifice aucun ?

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73 ans

 

 

Comme tout le monde le vit, une fois par année, mon anniversaire s’est pointé le 3 février dernier.  En ce jour mémorable, j’ai atteint l’âge de 73 ans.

 

Pour plusieurs, l’âge est surtout une question arithmétique. Pour eux, le nombre prend une grande signification. C’est ce qu’on vit quand il s’agit de moments frontières comme celui de l’âge scolaire, celui qui autorise de voter ou celui de conduire une voiture. Plus jeunes c’est avec émoi que nous prenons conscience de ces jours qui marquent des passages ou des étapes.

 

Ainsi, je vois mon petit-fils qui frappe à la porte de ses six ans. Le voilà grand : il va à l ‘école, il fait du ski, il conduit son tout-terrain, il a son costume de hockeyeur, il a des amis, etc. Bientôt ce sera l’âge de raison, comme on le disait hier. L’heure des couchers va changer, le goût se précise, il sait mieux ce qu’il veut. Il aime se voir grandir et prendre de l’âge.

 

Quand nous sommes moins jeunes, ces anniversaires nous rendent plutôt songeurs. Qu’est-ce que la santé à un âge plus avancé ? Est-il temps de prendre des précautions jusqu’alors ignorées ? Comment se préparer pour bien vivre les années qui viennent ? Y a-t-il une recette à suivre ? Si oui, où est-elle et qui la détient ? D’ailleurs, on n’a jamais autant parlé de retraite, de fonds qui ne donnent plus autant de sécurité. Les décideurs voient un avenir moins rose que celui prévu lors de l’adoption de diverses conventions collectives.

 

Comme aimait le dire Jean Chrétien : « Que voulez-vous, c’est la vie ! » Vivre sur le bord d’un lac pendant les quatre saisons, ça donne une perspective de vie où l’horizon est encore au lointain. Comme ces soirs de couchers de soleil où les derniers rayons scintillent sur l’eau et font croire à un demain tout aussi beau.

 

J’ai l’âge de ces moments merveilleux.

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Prosélyte

Accroché au devoir

Comme après une bouée dégonflée

Le cri en labeur

Perce l’écho en vain

Des sueurs en éponges

Noient le courage et la fierté

Ondes éparses

Sur nos mers chrétiennes

Les valeurs en épaves

N’ont plus de rives

Pour échouer leurs ancres

Des âmes en butoir

Foncent vers le ciel

Silencieux

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