Archives mensuelles : janvier 2012

TEMPÊTE

 

 

Nous sommes en janvier et l’hiver tarde à montrer sa grande vigueur. Mais voilà qu’on nous annonce une tempête de neige. La première vraie de l’hiver.

Il n’en fallait pas plus pour qu’aussitôt ma mémoire s’emballe. Ah ! Les belles tempêtes d’hier.  Celles qui nous envahissaient, qui bloquaient les routes et rendaient toute marche dehors difficile, pénible et presqu’impossible. Celles où on ne pouvait bien distinguer la maison d’en face, ni ciel, ni terre. Celles qui faisaient que tout était blanc partout. Le nez collé sur la fenêtre, on ne voyait que de la neige, celle que le vent s’amusait à faire virevolter et qui distribuait les bancs de neige en des endroits toujours plus insolites.

On se couchait en pensant au déneigement du lendemain. Il y aura aussi l’auto qu’il faudra dégarnir et sortir de son emprisonnement.

Au matin, chaque propriétaire sortait sa pelle. C’était même un moment privilégié pour engager une courte conversation avec un voisin qu’on avait peine à saluer de temps en temps. Les considérations étaient légères : « Ouais, c’en était toute une ! » – « C’est pas grave, on est capable d’en prendre ! » Et chacun de reprendre sa pelle.

Sortant de ma rêverie, je jette un coup d’œil dehors. Il tombe une neige toute légère et il n’y a pas de vent. Au total, ça fait à peine 15 cm. Faut-il le dire : On n’a plus les tempêtes qu’on avait !

Aujourd’hui, samedi, seuls les skieurs ont un air des plus réjouis. Le stationnement du Mont St-Mathieu est plein.

 

Bonne descente !

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QU’IMPORTE !

 

 

Qu’importe !

La couleur de mon sang et celle du voisin

Les horreurs du tireur qui terrorise

La table où s’étale mes péchés déballés

Je souris à la fleur qui ne meurt qu’au matin

Qu’importe !

 

Qu’importe !

Le radeau de mes solitudes répétées

Le cadran des heures inoccupées

L’amertume de la chaise désertée

Je gambade encroûté de routes et de fossés

Qu’importe !

 

Qu’importe

La Toussaint et la douceur de ton sein

La buée qui alourdit mon œil et mon cœur

Le Mozart oublié de mes cris modulés

Je saute plus loin au-delà du senti

Qu’importe !

 

Qu’importe

Le ciel éclaté qui sèche les os

Les anges déchus qui flottent sur les eaux

Les échos des mers à franchir

Je parle latin et parfois italien

Qu’importe !

 

Qu’importe !

Les cours et les longs travaux

Les notions inutiles, le bourrage de cerveau

Les longs couloirs aux vertus désertées

Je sors avec amis et sans parapluie

Qu’importe

 

Qu’importe !

L’enfance qui sonde les amours

Les leçons qui ne sont que des devoirs

Les mouchoirs de labeur et de douleur

J’entre dans le vent tel Abel ou Caïn

Et…

Je sonne les cloches à cordes débattues

 

Qu’importe !

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Moment tendre

 

Nous sommes dimanche. Vers 9h00, sur Skype, nous voyons une toute jeune fille qui vint de passer le cap de sa première année. Pleine de sourire, elle délaisse ses jouets qui l’entourent et tente de se dresser sur ses deux jambes. Ça vient. Sa mère et sa grand-mère sont pleines de bravos quand elle arrive à se maintenir toute droite. Un pas, puis deux. La voilà donc qui commence à marcher. Les bras bien tendus, elle va vers sa mère. Après ce bref effort elle se retrouve au sol. Sans hésiter, elle se reprend. Encore chancelante, elle arrive mal à garder l’équilibre. Retour au sol. Dans une dernière tentative, elle se tient droite, avance encore deux pas, puis trois. C’est le succès attendu. Encore ! Bravo Zélie !

 

Il lui reste toute sa vie pour vivre sur ses deux pieds et avancer avec une confiance déjà toute présente en elle.

 

Bonne vie !

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Origines

Je suis né d’un devoir conjugal accordé

dans l’espoir permanent d’une conception retardée

Je suis né du rouet, de la catalogne et de tourtières

du bonheur simple de manger selon les recettes d’hier

Je suis né d’un p’tit pain, de Noël sans joujou

De l’effort incessant de joindre les deux bouts

Je suis né les yeux fixés sur l’assurance de mon père

en attente d’une main tendue et d’une caresse légère

Je suis né de l’huile de foie de morue et de camphre

de mouche de moutarde et de douleurs qu’on offre

Je suis né cordigère, scapulaire épinglé

Enfant de chœur soutané, servant de messe peu payé

Je suis né de carottes en bran de scie, de patates égermées

De déjeuner au gruau et de tartes bien sucrées

Je suis né de Gadbois, soldat Lebrun, Leclerc

De 78 tours et de disques pas chers

Je suis né de bûches à fendre, de boîte à beurre

De plancher à laver, de coucher avant l’heure

Je suis né de l’instruction qu’on ne peut refuser

Au prix du pensionnat il faut être bachelier

Je suis né d’un beau lac à l’onde invitante

qui vit moulin, billots, chalets et monte-pentes

Aujourd’hui…

J’ai bonne vie, enfants, amour

travail heureux et rente à mon tour

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La Coureuse des grèves

Il est 10h30, c’est dimanche et nous sommes prêts pour aller de Québec à Saint-Mathieu. Le soleil est au rendez-vous et la route est magnifique, avec un léger trafic du dimanche matin. Tout va très bien.

Nous avons l’intention d’aller dîner à Saint-Jean-Port-Joli. À la Coureuse des grèves il y a un copieux déjeuner qui est servi jusqu’à 14h00.

Peu avant midi, nous stationnons devant le restaurant. À voir le nombre de voitures autour de nous, nous constatons que d’autres aussi connaissent le spécial du jour. Effectivement, il y a affluence. Pendant plus de 10 minutes on nous fait attendre à la porte qui ne cesse de s’ouvrir et de laisser entrer un filet d’air de -20˚C. Une table devient disponible. C’est à notre tour de s’asseoir.

Après un verre d’eau et une brève consultation du menu, une serveuse prend note de nos choix. Jusque là, tout va bien. Étant donné que le restaurant est plein, il n’est pas surprenant que le service soit un peu lent. Nous nous préparons à attendre bien patiemment.

À la table, à notre droite, il y a un jeune couple qui, tout comme nous, attend. Tout à coup, une dame qui vient de finir son repas s’approche et entreprend une conversation avec ceux de la table d’à côté. Comme les allées sont peu larges, son manteau passe tout près de notre salière et de notre poivrière. Pour éviter une chute, je les déplace.

On le sait, dans un restaurant, les clients conversent habituellement à voix pas trop forte. Une certaine discrétion s’impose. Mais la dame y va d’un ton assez ferme, un peu comme celui qui reçoit un appel sur son cellulaire et qui répond de telle manière que tous les clients perçoivent ce qu’il dit. On dirait qu’au téléphone, on cherche à être bien compris. C’est en tout cas ce que la dame fait et avec un sans gêne presque déconcertant.

La conversation (on devrait dire plutôt le monologue) se poursuit sur un ensemble de sujets hétéroclites. Les interlocuteurs écoutent, opinent, et font quelques « oui, bien sûr ! », « Oui, je comprends », « Ah bon ? ».

Sans même prêter l’oreille, nous comprenons bien que la dame vient de perdre son mari et que sa vie a basculé. Il y a tant à faire. Elle raconte et elle raconte. Le jeune couple reçoit leurs assiettes, mais la dame n’a pas fini son récit. Alors ils attendent évitant de se mettre à manger pour ne pas signifier leur ennui que leur visage traduit déjà suffisamment. Puis, tout comme cela a commencé, la dame part ayant à peine fini sa phrase. Au revoir et à la prochaine !

Une fois servis, nous prenons notre repas en commentant presque en murmure ce que nous venons de vivre.

C’est donc une heure et demie plus tard que nous reprenons la route toujours aussi ensoleillée qu’avant notre arrêt.

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La Lumière fraîche de l’amour

 

J’ai pris le baluchon rempli de mes bonheurs

Et je l’ai promené sur les chemins de vie

Au delà et jusqu’à l’horizon de ton cœur

J’ai construit ma maison et les plus beaux parvis

 

Dans l’espérance de toi

Mon âme s’épanouit

Passe le cri de l’heure les pluies de mes ennuis

L’éclat de ta présence a doré mes matins

Dans les murs de ma cité à tous les midis

Trône ton âme qui redresse mes chemins

J’ai couvert de parfum l’oreiller de mes songes

La nature s’est parée de voyages et d’air neuf

Je cours à travers toi montagnes en mensonges

J’épargne ma douleur, ne serai jamais veuf

La vague affectueuse parcourt des mers profondes

Souffle le vent d’hier sur mes flammes douteuses

Je vis comme en écho les transports de ton monde

L’haleine tout en émoi pour ta jambe danseuse

 

Vampires de l’affection jours et nuits confondus

Dans la fidélité à jamais assurée

Nous nous pleurons nos joies et rions éperdus

Aux portes de nos ans qui flottent en marées

 

Dans l’espérance de nous

Nos âmes se marient

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8 Janvier 2012

Hier, j’étais à pelleter la grande galerie qui borde tout le devant de la maison et, selon la recommandation des gens de la santé, (en fait c’était pour reprendre mon souffle) j’ai pris une pause et je me suis accoudé sur le rebord de la rampe. Là, j’ai longuement regardé la lac. Il est gelé et presque tout blanc. Une motoneige, puis une autre sont passées au loin. J’entendais à peine le bruit des moteurs,  ni ne sentais l’odeur d’essence qu’elles ne manquent habituellement pas de dégager.

Il faisait si beau. Le vent était absent et le soleil aussi.

Le calme des alentours prêtait aux rêveries.

Quand on entre en hiver, il ne nous manque pas d’anticiper ou d’entrevoir de grands froids, des tempêtes de neige, des routes glacées à visibilité réduite et des heures à regarder par la fenêtre pour chercher le moment d’accalmie. Pourtant, cette perception d’entrée comme en retraite fermée ne s’avère souvent pas toujours juste.

Toujours bien accoudé, je me sentais entouré d’une lumière blanche qui donnait à la neige un éclat bleuté. L’air était bon, il sentait le propre.

Quelques mésanges à tête noire sont venues batifoler dans les cèdres au bord du lac. Elles me semblaient joyeuses et pleines d’entrain. Plus au nord, dans la montagne, deux corneilles tenaient une conversation éraillée. Entre les croassements, c’était un silence à saveur monastique. Et je me sentais bien, dans cet hiver, chez moi.

Puis, j’ai repris ma pelle avec l’ardeur de mes vingt ans.

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PAROLES POUR UN CHANT DÉMODÉ

Elle danse comme feuille à l’arbre

Le matin s’habille de beaux courants d’air

Part en voyage comme train d’enfer

Charme séduction gestes et palabres

Chimère Chimène

Il s’enfuit et dort fait le chien et mord

Cogne et tire à sueur d’automne

Marche toujours droit même si ivre mort

Sagesse d’hier aujourd’hui détonne

Forcené forçat

Rodomontade et discours emprunté

Au plus fort donné avantage sacré

Cocarde et médailles sur coquille montées

Le fou parle haut le bateau ancré

Trompeuse trompette

Ciel s’éclaircit et morale renaît

L’enfer disparu maladie vaincue

Bonheur ajouté celui qui dit vrai

Travail et douleur quotidien vécu

Livre d’arrhes livre d’eau

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C’ÉTAIT JEUDI

Dans mon épicerie, c’est le jeudi qui est le jour des nouveaux rabais sur divers produits. Il est donc prévisible que ce soit un jour d’affluence. Contrairement à l’été, ici, l’hiver c’est le nombre de gens âgés qui nous étonne à première vue.

Ce qui ne manque jamais de me surprendre c’est le comportement d’un certain nombre de clients et surtout de clientes, puisque chez nous ce sont encore les femmes qui ont la mainmise sur le choix et la quantité et la qualité des éléments d’alimentation.

Il faut donc les voir, ces petites vieilles circuler dans les allées de l’épicerie en se tenant ferme sur le bord du chariot tout comme il s’agirait d’une marchette. Leurs déplacements sont lents. Il faut bien vérifier le produit, lire son étiquette avant de le remettre à sa place pour en prendre un autre et poursuivre la quête du bon achat. Devant le présentoir des fruits, elles n’ont de cesse de les tâter comme pour s’assurer de laisser là ceux qu’elles ne veulent pas.

S’il arrive qu’elles croisent une connaissance au centre ou au bout d’une allée, c’est l’arrêt immédiat et de longs échanges de nouvelles et parfois d’encouragement démarrent. On le sait, il y a toujours des maladies qui méritent explications. À cet âge, la conversation commence et finit sur des propos relatifs à divers malaises ou opérations chirurgicales complexes. Comme les allées sont étroites, les embouteillages sont fréquents mais ils  ne semblent jamais les concerner.

Quand le chariot est plein et que le magasinage prend fin, c’est à la caisse qu’il faut les voir fouiller méticuleusement dans leur petit portefeuille pour extirper les bons billets et la bonne  monnaie. Certaines ont le  malin plaisir de toujours fournir le bon compte, jusqu’à la dernière cenne qu’elles ont parfois bien de la peine à trouver. Ceux qui suivent n’ont qu’à attendre. D’autres ont tant de cartes de crédit qu’il faut du temps pour les démêler et se servir de celle qui convient.

En sortant, il y a le comptoir pour l’achat des billets de loterie. Il y a un tel choix que l’hésitation est compréhensible. Certaines vont jusqu’à demander à la caissière lesquels sont les plus chanceux. Plus loin, il y a une petite tablette où il est possible de procéder au grattage des cartes. Là, il y a parfois une file d’attente.

L’autre jour, au sortir du centre d’achat, il y avait deux vieilles qui, tout en poussant leur chariot dans une neige mollette, se demandaient avec un brin d’inquiétude : « Tu le sais-tu toi, où il est le char ? »  – « Me semble que c’est par là ! » – « Ok, on y va ! »

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LES FÊTES

 

 

Ils sont venus avec le bonheur au cœur et une pleine brassée de cadeaux. Et bonne année grand-mère !

D’un repas à l’autre, d’une ballade à une partie de hockey sur le lac, d’une descente en ski à un p’tit tour au chocolatier, d’une coupe de vin à une flute de champagne, ce fut un trop court temps pour se dire, avec une retenue bien de chez nous, qu’une affection douce et tendre nous unit.

Ce fut de longs moments à regarder deux enfants qui, sans le savoir, multipliaient les gestes d’un apprentissage de la vie et savaient d’autant nous faire sourire et nous émerveiller.

Puis, ils sont partis, avec le même bonheur qu’ils nous ont tisonné à répétition, non sans nous avoir rempli la maison au bord du lac de va-et-vient, de bonnes odeurs de cuisine, d’éclats de rire, de lever tôt et de coucher pas trop tard.

 

Merci la vie !

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