C’ÉTAIT JEUDI

Dans mon épicerie, c’est le jeudi qui est le jour des nouveaux rabais sur divers produits. Il est donc prévisible que ce soit un jour d’affluence. Contrairement à l’été, ici, l’hiver c’est le nombre de gens âgés qui nous étonne à première vue.

Ce qui ne manque jamais de me surprendre c’est le comportement d’un certain nombre de clients et surtout de clientes, puisque chez nous ce sont encore les femmes qui ont la mainmise sur le choix et la quantité et la qualité des éléments d’alimentation.

Il faut donc les voir, ces petites vieilles circuler dans les allées de l’épicerie en se tenant ferme sur le bord du chariot tout comme il s’agirait d’une marchette. Leurs déplacements sont lents. Il faut bien vérifier le produit, lire son étiquette avant de le remettre à sa place pour en prendre un autre et poursuivre la quête du bon achat. Devant le présentoir des fruits, elles n’ont de cesse de les tâter comme pour s’assurer de laisser là ceux qu’elles ne veulent pas.

S’il arrive qu’elles croisent une connaissance au centre ou au bout d’une allée, c’est l’arrêt immédiat et de longs échanges de nouvelles et parfois d’encouragement démarrent. On le sait, il y a toujours des maladies qui méritent explications. À cet âge, la conversation commence et finit sur des propos relatifs à divers malaises ou opérations chirurgicales complexes. Comme les allées sont étroites, les embouteillages sont fréquents mais ils  ne semblent jamais les concerner.

Quand le chariot est plein et que le magasinage prend fin, c’est à la caisse qu’il faut les voir fouiller méticuleusement dans leur petit portefeuille pour extirper les bons billets et la bonne  monnaie. Certaines ont le  malin plaisir de toujours fournir le bon compte, jusqu’à la dernière cenne qu’elles ont parfois bien de la peine à trouver. Ceux qui suivent n’ont qu’à attendre. D’autres ont tant de cartes de crédit qu’il faut du temps pour les démêler et se servir de celle qui convient.

En sortant, il y a le comptoir pour l’achat des billets de loterie. Il y a un tel choix que l’hésitation est compréhensible. Certaines vont jusqu’à demander à la caissière lesquels sont les plus chanceux. Plus loin, il y a une petite tablette où il est possible de procéder au grattage des cartes. Là, il y a parfois une file d’attente.

L’autre jour, au sortir du centre d’achat, il y avait deux vieilles qui, tout en poussant leur chariot dans une neige mollette, se demandaient avec un brin d’inquiétude : « Tu le sais-tu toi, où il est le char ? »  – « Me semble que c’est par là ! » – « Ok, on y va ! »

2 Commentaires

Classé dans Réfléxions quotidiennes

2 réponses à “C’ÉTAIT JEUDI

  1. Louise

    Plus je vieillis, plus je les trouve sympathiques ces petites vieilles!

  2. Helene Dallaire

    Et que j’ai hate d’etre une ‘tite vieille qui prend son temps a lire les etiquettes et a chercher des cennes dans le fond de sa sacoche … Peut-etre que quand je vais arriver la, il n’y aura plus de cennes en circulation!!!

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