DEMAIN

 

La route est longue devant soi

 

Derrière, les pas sont lavés par la vie

 

J’ai marché longtemps sur les pavés

 

Puis, le soleil s’est levé sur ma tête

 

 

Le regard blasé de la routine

 

A fait oublier la piste sinueuse

 

La pensée s’étourdit d’accoutumance

 

Et les chaussures peinent sur les cailloux

 

 

J’ai passé le village au cœur vidé

 

Même l’église est délaissée

 

À passer les souvenirs et les hiers

 

La pluie endort ceux qui s’y bercent

 

 

Au loin, il y a encore la terre

 

La mer limite ses longs contours

 

Pendant que le vent pousse les vagues

 

J’essaie d’apprendre à ramer sans peine

 

 

Il a fait beau temps, il a venté

 

Marins et pêcheurs sont passés

 

Vêtus, casqués, m’ont salué

 

La pêche fut bonne mais ardue

 

 

Demain, c’est la ville et ses mirages

 

Le bitume et les façades bariolées

 

Le cœur à la fête, j’erre et me perds

 

Mais, d’où vient cet air que je l’aspire ?

3 Commentaires

Classé dans Poésie

3 réponses à “DEMAIN

  1. Louise D.

    Le grand Gilles serait impressionné par ton talent.
    Je vois des ressemblances entre vos deux écritures.
    Bravo Clovis.

  2. J’aime beaucoup ces deux derniers vers :
    «Le cœur à la fête, j’erre et me perds
    Mais, d’où vient cet air que je l’aspire ?»
    Surtout le brusque revirements : la fête – me perds
    Puis la belle ambiguïté du mot «air» !
    Ça, c’est de la poésie. Bravo.

    Georges

  3. Charlotte Dionne

    C’est magnifique

    Envoyé de mon iPad

    >

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