Archives de Catégorie: Réfléxions quotidiennes

Bonheur fugace

 

Les vagues, à la fois toutes semblables et toutes différentes, déroulent leur incessant va-et-vient.

 

L’air est trempé des suites d’une journée ensoleillée. Il sent l’été en juillet.

 

Nous sommes assis au bout du quai sur des adirondacks qui nous offrent tout le plaisir d’être chez soi, confortables.

 

Sous un ciel teinté du coucher de soleil, quelques goélands passent en revue le lac qui miroite.

 

Un moment, le temps s’est arrêté.

 

Le soleil a fixé l’horizon.

 

Un moment, on aurait cru voir l’éternité s’étaler devant nous.

 

Que viennent ces soirs d’été et la douceur de vivre qui sait nous envelopper !

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ITINÉRANT

 

 

Le cœur las

 

Il avance sans but

 

Dans la brume de ses envies

 

L’aurore de son plaisir à peine entrevu

 

Devient tôt

 

Une claudication de bonheurs fugaces

 

 

L’univers de sa peine à demi noyée

 

S’enroule sur sa poitrine

 

Devant un mur d’impossible

 

Le sol l’ennuie dans son pas inutile

 

Encore étourdi de vitalité

 

Sa présence fuit le vent

 

Et veut se perdre dans son absence

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Clodoviciade 5 E S P O I R

 

Vienne le printemps

 

Viennent les jeunes pousses colorées

 

Viennent les soirs aux douceurs moitées

 

Et les nuits aux couvertures allégées

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Clodoviciade 4 Mercredi des cendres

S’avancer avec humilité

S’agenouiller à la Sainte-Table

Recevoir quelques brins de cendres sur la tête

S’entendre dire : Souviens-toi

O homme que tu es poussière

Et que tu retourneras en poussière

Y a pas à dire, ça faisait réfléchir !

Bon mercredi des cendres !

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Clodoviciade 3 Pêche blanche, 1er Mars

Le vent se lève au bout du lac

Des frissons courent

Sur la neige durcie par le froid

On dirait un sable blanc

Promené sur de petites dunes

Il fait un froid qui ne démord pas

Malgré tout, c’est jour de pêche blanche

Depuis tôt ce matin

Le lac est habité par des grappes de pêcheurs

Ils s’agglutinent autour d’abris de fortune

Un rang de petits trous dans la glace

Autant de lignes qui plongent dans l’eau

Ils sont une centaine à vouloir le plus gros poisson

Au soir, la fête les réunira

Bonne pêche !

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Clodoviciade 2 Regardant par la fenêtre

Il a neigé et il neige encore. Le ciel est presque blanc. Les nuits sont privées des clairs de lune.

Depuis plusieurs jours, les branches des épinettes ploient sous les lourds cadeaux des nuages. C’est à croire que l’hiver tente de nous emprisonner dans sa blancheur.

Pendant que les skieurs nous narguent de leur bonheur, chaque jour, je pellette l’entrée et je désensevelis la voiture dans l’espoir que demain le soleil nous fasse oublier tout cela.

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Clodoviciade 1

 

Quand la vie permet de se lover et de s’enrouler dans le bonheur de l’être cher, il ne peut qu’y éclore mille fleurs au parfum si doux que seuls les amants savent apprécier et s’en enivrer.

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Bonne Année !

Enfin diraient certains, Noël est passé !

Pas tout à fait !

L’air est encore plein des voeux d’hier et en attente de tous ceux dont l’an nouveau va bientôt nous inonder.

La crèche d’hier était souvent pleine de nostalgie. Mais le demain de 2014, on le voudrait conjuguer sur un vent de promesses farcies de bonheur, de succès et de santé.

Pour une fois, les souhaits vont se montrer sincères et viendront recréer des liens par ailleurs moins philanthropiques.

À toi, ami et amie, Bonne Année !

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Hier, un soir de Noël

 

Je me souviens encore de ces carrioles avec des clochettes qui tintaient dans le noir et qui se regroupaient devant l’église aux vitres pleines de lumière. À chaque fois que la grande porte ouvrait, des grands airs d’harmonium nous disaient les joies de ce grand soir.

 

Dans nos habits propres, enfants de chœur, nous marchions à pas pressés pour aller revêtir nos soutanes rouges avec surplis blancs. La sacristie était bondée de paroissiens endimanchés.

 

Comme la chorale venait de terminer le « Nouvelle agréable», le curé nous faisait signe d’initier la procession d’entrée. L’harmonium reprenait un air de fête et le curé arrivait avec sa barrette bien placée sur la tête. D’un geste solennel, il se décoiffait, il faisait la génuflexion et il gravissait les marches de l’autel pour y déposer le calice et ses ornements.

« In nomine Patris… ». La messe était commencée.

 

Malgré les chants, les rituels de la messe et les oraisons en latin, les gens n’avaient d’yeux que pour l’immense crèche dans laquelle chacun des personnages gardait une pose empreinte de l’émerveillement dû à la naissance toute récente de l’Enfant Jésus. Un grand ange, posé devant la crèche, attendait avec un sourire les dons qu’il remerciait d’un léger hochement de tête.

 

Après une première messe, une seconde s’enchaînait. La chorale profitait de cette messe basse pour chanter les airs connus dans une suite qui accentuait le plaisir de cette nuit de Noël.

 

Au son d’un harmonium gonflé d’enthousiasme, les paroissiens sortaient à pas lents retrouver leur maison ou leur carriole, non sans avoir salué les uns et les autres et leur avoir souhaité les vœux de circonstances.

 

Dans chaque demeure, un réveillon attendait dans des odeurs de cipaille, de tourtière et de desserts sucrés.

 

Les anges étaient dans nos campagnes.

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Un peu avant souper

 

 

Il était là, sur le bord du trottoir, adossé au mur d’un édifice. Un manteau trop grand, des souliers sales et déformés d’usure, une vieille tuque sur l’arrière de la tête, un air hagard et une main tendue marquée de tristesse et pleine d’envie de se faire ignorer.

 

Ici, les itinérants sont peu nombreux. Ceux qui arpentent les rues cherchent vainement à se faire oublier. Ils ne nous ennuient jamais et ils nous invitent rarement à une compassion qui ne saurait être que fugitive.

 

J’ai déposé deux dollars dans sa main. Il a grommelé quelque chose.

 

C’était peut être merci.

 

 

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