Archives de Catégorie: Réfléxions quotidiennes

La charte

 

Un enfant a mis un bateau de papier à l’eau

 

Il était beau à voir

 

Les petites vagues le faisaient se balancer

 

Il flottait

 

Puis les vagues ont pris de la hauteur

 

Le petit bateau n’avançait plus

 

Il tanguait de gauche à droite au risque de verser

 

Le papier du bateau a pris un coup d’eau

 

Une petite brise l’a couché sur le côté

 

Puis, il a sombré

 

Un autre bateau sans histoire

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Ainsi

Il y a si long de temps que je ne sais par quel bout de papier je dois reprendre le rythme de l’écriture. Je sais bien m’avoir négligé et avoir aussi négligé certains lecteurs et certaines lectrices assidu(e)s.

 

Serait-ce la venue de l’automne qui nous fait retrouver différents intérieurs qui m’y incite ? Disons !

 

Maintenant que la glace est rompue, buvons les goutes du soleil et les rosées de nos nuits sans sommeil.

 

Au plaisir de tout ce qui pourra venir !

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Gouvernance masquée

Dans un univers de portes ouvertes

 

Les uns les autres suivent en silence

 

Un guide désormais aveuglé de pouvoir

 

 

Ils avancent à pas de plus en plus pressés

 

Sans savoir sur quelle route marcher

 

Sans paroles aux propos nuancés

 

 

Le soleil est blanc tel froid d’hiver

 

Les arbres sifflent des air entendus

 

Seuls en montagne des loups pleurent

 

 

Hébétés nous les voyons de loin venir

 

Ne sachant l’avenir des enjeux ourdis

 

Inquiets nous frappons des murs érigés

 

 

Les dieux d’hier parlent à voix feutrée

 

Ils savent le sourd fardeau imposé

 

Muets comme avant ils plaident la liberté

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98e Cours

 

Toujours liés à leur village natal

 

Ils sont allés prendre lettres, culture et profession

 

Travail, famille et amis ont fait leur vie

 

50 ans plus tard

 

Un souper les réunit de mois en mois

 

Avec un plaisir qu’ils aiment partager

 

Ils échangent, discutent et se taquinent encore

 

Les liens tissés dans l’adolescence

 

Des ans n’ont pas connu l’usure

 

Leurs poignées de main savant en témoigner

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Janvier arctique

 

Je suis sorti dehors

Il fait un froid à fendre pierre

La neige crisse sous le pas

Les narines se contractent sous l’air glacial

 

J’évite de prendre la pelle

Tant la chaleur de l’intérieur se fait invitante

 

La voiture démarre avec grincement

 

Pendant ce temps…

 

Il fait chaud au sud

On y marche dans les vagues douces

On y lit bien assis sur des chaises longues

Le soleil, le soleil, le soleil

 

Voilà !

 

J’ai rêvé

 

Dehors, il fait encore -25˚ C

 

Je rentre

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An neuf

 

La période des fêtes est terminée. Chez moi ce fut un temps où la vie était remplie de recoins de bonheurs. Que vienne 2013 avec des élans de bonne vie émaillés d’agréables surprises !  Merci la vie !

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Hiver en fin novembre

 

Elle est venue et elle a blanchi le sol tout aux alentours.

 

Puis le vent a fait un premier essai de tourbillon.

 

Une question: va-t-elle fondre ou rester avec nous ?

 

Le lendemain, à notre surprise, le lac s’était figé dans une grande pose, comme au repos.

Gelé.

 

Puis le vent s’est essayé à faire la débâcle. Réussi !

 

Maintenant, il fait un froid de canard.

 

Que sera décembre ?

 

Des jours avec des éclipses de Père Noël !

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Automne à l’avant-scène ou Le plaisir engrangé.

Ce soir le sol est détrempé. Il a plu toute la journée. La lune éclaire un pin qui s’égout­te et s’allonge sur des toits qui larmoient doucement. Sur les pelouses s’endorment des feuilles mortes aux couleurs jaune et rouge. Les potagers sont désordonnés, désertés et comme en jachère. On a mis en conserve les oignons et les tomates. Dans les marchés les tables regorgent de pommes rouges et vertes et de citrouilles au ventre bien replet. C’est, à ne pas s’y tromper, l’automne. La noirceur nous semble plus hâtive et les avertis­sements de gel au sol la nuit sont plus im­pératifs. Le vent ne se fait plus caressant, le plus souvent il se montre plutôt flagel­lant, pinçant et quelques fois mordant. Déjà ? Depuis peu, le thermomètre oscille précocement sous les normales saisonnières. Puis, il y a cette humidité extérieure qui pénètre peu à peu nos intérieurs. La douceur de vivre qui a caractérisé l’été à peine terminé a fait place aux présages d’un hiver qui ne manquera pas de venir, de nous cerner et de s’installer.

Plus près de nous, certains se mon­trent avisés et prévoyants. Les pro­priétaires ont rangé leur tondeuse. Moins souvent qu’hier ils lavent leur voiture. Chacun s’affaire à munir de protections arbres, haies de cèdres, petits pins, arbustes et plantations diverses. Chez l’un ou chez l’autre, un camion chargé de bois est venu. Vite, avant qu’une fâcheuse pluie fine ne vienne imbiber les bûches d’érable, tout fut rangé à l’abri. Notre voisin a préparé sa piscine pour des longs mois d’inutilisation. Les terrains de soccer du Centre sportif se sont transformés en grands champs vagues inoccupés et en terrain d’atterrissage pour des volées de gros oiseaux noirs dont quelques ner­veuses corneilles. Prématurément, nous semble-t-il, les jeunes ont commencé à jouer dans les rues du voisinage leur imitation de leurs idoles du hockey.

Hier encore, les oies blanches piaillaient en passant nombreuses au dessus de nos têtes tout en se gardant bien fières dans la pointe ou dans les ailes des grands V qu’elles déploient dans le ciel. Qu’elles devaient être belles dans les champs de Montmagny et de Saint-Jean-Port-Joli ! Les criquets ont depuis belle lurette adopté le silence et gagné le fond de leur cachette. Il faut croire qu’ils n’ont plus de chaleur à nous annoncer. Les merles et les hirondelles nous ont laissé des nids vides où pendent des brins esseulés et que le vent est souvent tenté de basculer. C’est par groupes nombreux que bien des oiseaux se sont alignés en rangs serrés sur les fils électriques, puis ont tourné au dessus de nos têtes avant de prendre résolument le chemin du sud.

Selon son habitude, l’automne se déroule en dents de scie. Hier, le soleil invitait à ralentir le pas, à déboutonner sa veste, à s’émer­veiller des paysa­ges, à ouvrir sa fenêtre, à rêver. Hélas !  Demain, on nous prédit une chute du mer­cure qui nous invitera sûrement à rebouton­ner notre veste. Bien que ces chan­gements et ces écarts nous soient familiers, chaque fois ils nous convient à nous occuper de nous-mêmes, pour éviter des chan­gements et des écarts de santé. Quelle nature instable pour des allergiques à la démesure et à l’agitation !  Ces multiples invitations à l’adap­tation provoquent sou­vent des en­gor­gements, des inflam­mations, des rhumes et des écoule­ments de protes­tations.

À travers et au delà de ces évocations, que vien­nent les senteurs de pluie, celles des pommes fraîches, celles des sous-bois humides, les premières fumées des cheminées, les longues balises sur les routes de campagne, les cris des goélands qui se bercent dans le vent, les mugissements des cornes de brume sur les quais et la grandes marées d’automne !

Certains jours on peut voir passer un véhicule chargé d’un orignal mort ou orné d’un panache bien amarré à l’avant du toit. Trophées non négligeables qui rappellent ces oreilles de taureaux brandies avec fierté et reconnaissance par un torero vainqueur dans une arène en liesse. La victoire sur l’animal prend plus de force quand le jeu met en scène des puissances mythiques qui s’affrontent et qui y risquent leur vie. L’intelligence et l’instinct ont d’autres lieux pour livrer bataille. Dans les vrais combats, il faut ajouter la technique des parades et des évitements, le long apprentissage des pas et des distances, le courage de l’af­fron­tement, le rite et l’art dans le flam­boyant du geste, l’honneur dans la mise à mort et le res­pect de l’adversaire. Notre fier orignal a certes des vertus emblématiques, mais son sort est fatalement scellé à son désavan­tage quand la qualité du fusil en détermine seule la con­clusion.

Ici, le dénuement des arbres, les gains de la noirceur, les soirs de pluie et les jours de vent frisquet nous semblent plus en accord avec des réflexions dégagées, nourries de recul et de bouffées d’air frais. Dans nos univers de citadins déracinés de certains de nos lieux d’appartenance, accrochés à des leurres empreints de for­tunes éphémères qu’une destinée malhabile nous fait miroiter dans tous nos recoins d’ombre, nous cher­chons l’appétit et nous regardons filer le temps sur des horloges de demain où nous ne savons plus lire l’heure. Quand la terre et la pluie ne sont que sources de saletés, que les fleurs, sont des préoccupations inutiles et que l’odeur de citron devient le révélateur de la propreté, il n’est pas étonnant que les titres à la une traitent prioritairement de la qualité du sommeil d’un certain gardien de but au hockey et que la météo y fait concurrence à l’horo­scope.

Langueur, langueur !  Que viennent plutôt les jours d’Action de grâces et ceux des soleils intérieurs !  Comme pour les ours réflé­chis, c’est un temps idéal pour tourner ses regards vers ses dedans, de nous entendre respirer et de nous habiter nous-mêmes en visitant de mémoire nos nom­breux musées personnels. Quelles furent nos récoltes et de quoi nous som­mes-nous engraissés ? Les temps de cogitations fructueuses et de ruminations sont arrivés. Sera-ce bientôt la respiration de la com­préhension nouvelle, le souffle de l’émer­veillement, la brise de l’affection, le vent des découvertes, le tourbillon des génies ? Sera-ce plutôt le halètement de l’apathie, l’essoufflement de l’étude, la suffocation de l’intérêt, le ronflement de l’ignorance ou le sommeil béat ? De ce côté-ci de la vie, en ces temps de référendum, il faut savoir reconnaître son lieu de vie, son terroir, son goût de vivre et d’aménager ses espaces. Que serait un ours réfléchi qui n’aurait pas pour devise: Je me souviens ?

Nous sommes dans des jours de passage, des jours de veille, de réflexion et de préparation. Nous ne sommes pas des feuilles mortes détachées de leur arbre que la neige écrase. Les longs hivers seront peuplés de nos énergies, de nos ambitions de vivre ici, à la mesure de ces géants qui ont tracé la voie et qui nous tendent les outils pour bâtir notre demain.

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Ciel et terre, 24 octobre 2012

Ce matin là, il y avait au sol une gelée qui s’était accrochée à toutes les brindilles et aux feuilles qui ont dépouillé les arbres. En marchant, on entendait un sourd craquement dans cette verdure raidie par le froid de la nuit.

 

De plus, une forte brume couvrait le lac tout entier. Avec le lever du soleil, cette large couche suspendue devant nous se dissipa peu à peu, laissant voir un lac d’un calme presque infini. Toute la nature autour de nous semblait en profonde méditation, comme émerveillée elle-même de ce retour attendu du soleil. C’était une vraie splendeur.

 

Vers midi, un chaud soleil nous faisait croire à un été des indiens en émergence. Nous nous sentions réconfortés.

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Comme au théâtre en octobre

 

Dans un centre d’achat dont les boutiques s’étendent sur trois étages, en plein après-midi, des clients circulent dans toutes les directions, en provenance de partout. Plusieurs ont effectué des achats, d’autres sont toujours en recherche.

 

J’ai quelques moments d’attente, je m’assieds sur un banc posé généreusement pour les pieds fatigués. Je suis en face de deux ascenseurs réservés aux fauteuils roulants et aux poussettes. Quelques personnes à la marche difficile viennent aussi s’en servir.

 

À regarder les gens défiler devant moi, je suis en pleine séance de théâtre. Les portes des ascenseurs qui ouvrent et qui ferment à rythme lent concrétisent mon imagination.  Il y a ces jeunes mères qui manipulent leur poussette avec adresse laissant à l’enfant le loisir de dormir en toute quiétude. D’autres arrivent mal à contrôler les trois petits dont l’un va à droite, l’autre à gauche et le bébé qui crie son désaccord de se faire brasser. « Maman, c’est par là les jouets ! » – « Non, non, ce n’est pas aujourd’hui qu’on y va !  Venez par ici !» – « J’ai mal au pied ! » – « Ça va faire le niaisage ! »

 

Deux vieux qui sortaient de l’autre ascenseur assistent impuissants à ces échanges familiaux.  Ils dodelinent de la tête et vont leur chemin à pas traînants. Une poussette vide et un enfant qui sautille sans cesse entrent dans un ascenseur laissé vacant par un préposé qui pousse un lourd chariot chargé de boîtes vides. Une dame aux chaussures désarticulées replace sa sacoche sur son épaule fatiguée, presse le bouton de commande avec une insistance nerveuse. Attendre semble l’irriter. Elle presse encore. Finalement, elle tourne le dos à l’ascenseur et s’en va avec un regard excédé.

 

Dans une nouvelle scène, un homme âgé vêtu d’un lourd manteau sort en tenant une canne qu’il pose fermement au sol. Il boitille. Tout son habillement est trop grand pour lui, même son chapeau lui donne un air de clochard. Au coin du passage, il s’arrête, hésite, puis vient reprendre l’ascenseur. On aurait dit qu’il était sorti au mauvais étage.

 

Tous ces gens sont des acteurs d’une société de consommation, ils n’ont plus guère l’envie de s’amuser. J’ose à peine m’imaginer ce que seront ces mêmes lieux quand viendra le temps des emplettes de Noël.

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