Au soleil couchant
La mer lèche doucement
Les trois cailloux qui dorment
Sur la grève assagie
Dans un court sentier
Trois moines de St-Benoit
Chantent les prières
De l’office du lendemain
Loin des bruits du quotidien
La nature offre le calme du soir
Que parfume un brin d’encens
Avec l’appel à la méditation
Exultet anima mea !
E X U L T E T
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A O Û T
Pendant que le soleil
Brûle ses derniers rayons
Pendant que les vagues
Dansent leurs derniers pas
Moi… je me meurs d’aimer
Pendant que les mois d’été
Égrènent leurs dernières douceurs
Pendant que les oisillons
Prennent leurs vols en solitaires
Moi… je songe aux doux printemps
Pendant que les jeunes écoliers
Fourbissent leur sac à dos
Pendant que les fermiers avisés
Roulent leurs réserves de foin
Moi… je garde encore un peu…
Mes sandales
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D’AILLEURS
Assis au bout du quai
J’aspire le relent du soir
Pendant que le soleil
Tarde à passer l’horizon
*
Au loin un huard solitaire
Bercé par la vague lente
Rompt le silence des ondes
Et lance un appel à la vie
*
D’ailleurs…
*
Les silences sont parfois
Bardés d’absences
Qui surprennent
Les assoiffés d’espoir
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L ‘ Î L E
Ce matin
À mon lever
J’ai revu l’île
Et sa maison blanche
*
Depuis les hiers
Elle n’a pas changé
Elle me dit le temps
Qu’il y a fait
Les heures qui y sont passées
*
Les souvenirs se bousculent
Rires et pleurs s’entendent
Encore et toujours
*
Le bonheur perd sa mesure
Dans des étés dépaysés
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L’ É P I N E T T E
L’arbre qui me parle
A une écorce dure
Et une voix
Pleine de murmure
Lui qui sait les grands froids
Et les canicules
Il me dit ses victoires
Contre les vents violents
Il me dit calme et sérénité
Force et persévérance
Années après années
Les oiseaux l’ont aimé
Encore aujourd’hui
Il est paré de nids
Ce géant a cent ans
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C o n c e r t o
Tel un bouleau esseulé
Au bord d’un grand chemin
Je cultive la présence
En silence
*
Abreuvé de nuages gris
Sous un soleil de mai
Je rêve de grands voyages
Sans escales
*
Repus de becquées multiples
Au bord de la mer endormie
Planent des goélands
Sans bruit
*
Parfumé d’un relent de varech
L’air marin entoure l’échoppe
Du vieux poissonnier
Qui veille
*
Face à l’océan qui danse
Sur des airs de Mozart
Je veux chanter
La beauté
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M I N U I T
Après de grands soleils de mai
C’est un beau soir d’été
La nuit vient de boire
Toute la lumière du jour
*
Bien allongé, le souffle lent
Assoiffé d’inépuisables libertés
Dans une noirceur bienvenue
J’entre dans la maison du rêve
*
Dehors une lune blanche s’éveille
Emmitouflé d’utopies joviales
Avec la chouette je célèbre
L’impénétrable beauté de minuit
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Dilection
Le lac craque
sous la froidure qui dure
Le pin pousse ses aiguilles
Vers les nuages qui passent
L’amour palpite
*
Sentiers et silences
L’air pur des sous-bois
Des arbres qui sommeillent
Des pas d’oiseaux sur la neige
L’amour veille
*
Enfilade de rêves
Vols d’oies blanches
Airs de violoncelle
Cœurs à la fête
L’amour respire
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Bouts de babillages
Empaqueté de manteaux et de foulards
Depuis plusieurs mois
Les grands froids m’ont laissé
Orphelin de mes soleils d’été
Associés bien malgré eux
À des couchers de soleil hâtifs
Les jours ne m’en paraissent pas moins
Bien plus longs qu’en disent les horloges
Sont alors venues les heures
Où même l’espérance est lasse
Mais bientôt se révéleront
Quelques sources de vie
C’est ainsi que s’insinuent en moi
Les germes prometteurs d’une autre saison
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L’île à Réal
Au lever du soleil hivernal
Une légère brume voûte le lac
Au travers, une île se dessine
Elle abrite une large demeure
*
Dépourvue de voisins indiscrets
Nourrie de sous-bois silencieux
Veinée de petits sentiers insolites
Au matin éblouie de soleil levant
*
Autour d’elle ont passé les saisons
Chez elle ont résonné rires et silences
Même la vie y était entre parenthèses
Tant la nature y avait présence et sagesse
*
Déserte depuis des lustres
La maison offre toujours sa blancheur
À ceux qui passent par hasard
Sans savoir ni son temps ni ses secrets
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