Débâcle

 

L’hiver retarde la belle étreinte

 

Pendant longtemps Il se fait tard

 

Les glaces craquent l’eau monte encore

 

 

 

Au gré du vent mu par l’envie

 

Le beau bateau plein de pulsions

 

Part la débâcle des vœux naïfs

 

 

 

Je meurs de toi en ce printemps

 

Des longs matins ensoleillés

 

Un bon café et un calin

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Naître d’un pays

 

J’ai cherché une route

 

J’ai cherché la maison

 

N’ai trouvé que déroute

 

Et perte de raison

 

 

 

Un grand pays de rêve

 

Serait nôtre à jamais

 

À moins qu’on fasse trêve

 

Et qu’on dise j’y vais

 

 

 

Peur du vrai lendemain

 

Mise à mort du géant

 

C’est à se croire nain

 

Ou du moins fainéant

 

 

J’ai cherché une route

 

N’ai trouvé que déroute

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Clodoviciade 5 E S P O I R

 

Vienne le printemps

 

Viennent les jeunes pousses colorées

 

Viennent les soirs aux douceurs moitées

 

Et les nuits aux couvertures allégées

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RÊVERIES

 

Dans le silence de l’amour nôtre

 

Nos cœurs se parlent à voix haute

 

 

Tout au creux de nos rêves fous

 

La feuille de l’arbre esquisse sa venue

 

 

L’oiseau bleu est passé sans voix

 

Poursuivi par un amant enfiévré

 

 

Une main levée au ciel clair

 

Tourne telle une girouette au vent chaud

 

 

C’est l’adieu d’un hiver déjà trop long

 

Face au printemps qui remaille ses atours

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Clodoviciade 4 Mercredi des cendres

S’avancer avec humilité

S’agenouiller à la Sainte-Table

Recevoir quelques brins de cendres sur la tête

S’entendre dire : Souviens-toi

O homme que tu es poussière

Et que tu retourneras en poussière

Y a pas à dire, ça faisait réfléchir !

Bon mercredi des cendres !

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Clodoviciade 3 Pêche blanche, 1er Mars

Le vent se lève au bout du lac

Des frissons courent

Sur la neige durcie par le froid

On dirait un sable blanc

Promené sur de petites dunes

Il fait un froid qui ne démord pas

Malgré tout, c’est jour de pêche blanche

Depuis tôt ce matin

Le lac est habité par des grappes de pêcheurs

Ils s’agglutinent autour d’abris de fortune

Un rang de petits trous dans la glace

Autant de lignes qui plongent dans l’eau

Ils sont une centaine à vouloir le plus gros poisson

Au soir, la fête les réunira

Bonne pêche !

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Clodoviciade 2 Regardant par la fenêtre

Il a neigé et il neige encore. Le ciel est presque blanc. Les nuits sont privées des clairs de lune.

Depuis plusieurs jours, les branches des épinettes ploient sous les lourds cadeaux des nuages. C’est à croire que l’hiver tente de nous emprisonner dans sa blancheur.

Pendant que les skieurs nous narguent de leur bonheur, chaque jour, je pellette l’entrée et je désensevelis la voiture dans l’espoir que demain le soleil nous fasse oublier tout cela.

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Clodoviciade 1

 

Quand la vie permet de se lover et de s’enrouler dans le bonheur de l’être cher, il ne peut qu’y éclore mille fleurs au parfum si doux que seuls les amants savent apprécier et s’en enivrer.

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Bonne Année !

Enfin diraient certains, Noël est passé !

Pas tout à fait !

L’air est encore plein des voeux d’hier et en attente de tous ceux dont l’an nouveau va bientôt nous inonder.

La crèche d’hier était souvent pleine de nostalgie. Mais le demain de 2014, on le voudrait conjuguer sur un vent de promesses farcies de bonheur, de succès et de santé.

Pour une fois, les souhaits vont se montrer sincères et viendront recréer des liens par ailleurs moins philanthropiques.

À toi, ami et amie, Bonne Année !

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Hier, un soir de Noël

 

Je me souviens encore de ces carrioles avec des clochettes qui tintaient dans le noir et qui se regroupaient devant l’église aux vitres pleines de lumière. À chaque fois que la grande porte ouvrait, des grands airs d’harmonium nous disaient les joies de ce grand soir.

 

Dans nos habits propres, enfants de chœur, nous marchions à pas pressés pour aller revêtir nos soutanes rouges avec surplis blancs. La sacristie était bondée de paroissiens endimanchés.

 

Comme la chorale venait de terminer le « Nouvelle agréable», le curé nous faisait signe d’initier la procession d’entrée. L’harmonium reprenait un air de fête et le curé arrivait avec sa barrette bien placée sur la tête. D’un geste solennel, il se décoiffait, il faisait la génuflexion et il gravissait les marches de l’autel pour y déposer le calice et ses ornements.

« In nomine Patris… ». La messe était commencée.

 

Malgré les chants, les rituels de la messe et les oraisons en latin, les gens n’avaient d’yeux que pour l’immense crèche dans laquelle chacun des personnages gardait une pose empreinte de l’émerveillement dû à la naissance toute récente de l’Enfant Jésus. Un grand ange, posé devant la crèche, attendait avec un sourire les dons qu’il remerciait d’un léger hochement de tête.

 

Après une première messe, une seconde s’enchaînait. La chorale profitait de cette messe basse pour chanter les airs connus dans une suite qui accentuait le plaisir de cette nuit de Noël.

 

Au son d’un harmonium gonflé d’enthousiasme, les paroissiens sortaient à pas lents retrouver leur maison ou leur carriole, non sans avoir salué les uns et les autres et leur avoir souhaité les vœux de circonstances.

 

Dans chaque demeure, un réveillon attendait dans des odeurs de cipaille, de tourtière et de desserts sucrés.

 

Les anges étaient dans nos campagnes.

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