PEUT-ÊTRE

 

Le jour où l’ombre noire viendra

Vents et marées l’accompagneront

Les nuits nous seront décomptées

De mon seul souffle tu voleras

 

Alors et toujours comme il plaira

Je serai l’onde de ta pierre jetée

Cent cercles autour le répéteront

Tel le huard dans la brume naissante

 

Le cri de nos vies dans un ciel clair

Comme la rose à peine éclose

Dira le parfum d’un amour nanti

Tel la bague au contour infini

3 Commentaires

Classé dans Poésie

3 réponses à “PEUT-ÊTRE

  1. J’aime beaucoup ton poème, Clovis. Je viens de le lire dans un resto de Trois-Rivières au festival international de la poésie, pour écouter les poètes du monde entier qui ne valaient pas – sauf un Polonais – ton poème. Si le président du festival Gaston Bellemarre n’avait pas été à trois tables de la mienne, je lui aurais tendu mon téléphone pour lui faire lire ton poème. Il aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent, mais il est parti avant la fin du spectacle. C’est un homme occupé évidemment…
    J’aime beaucoup ton poème et le premier vers m’a reporté à une expérience en cours, de voir partir en douce mais rapidement
    Un bon ami. Je te colle plus bas ce texte en contrepoint un peu plus dramatique que ton vers
    « De mon seul souffle tu voleras »
    Mais de la même inspiration (puisque nous sommes dans le souffle)
    …………………………………………………..

    Testament

    « Le souffle du poème transporte l’esprit des morts loin devant nous »

    Il m’a convoqué pour me lire son testament
    J’avais pourtant déjà hérité du temps de l’amitié
    Mais il veut coder le temps de l’entre-deux
    Le temps qui n’a plus d’avenir
    Celui qui ne nous appartient plus
    Nous avons emprunté une langue au vestiaire
    Fouillé loin dans nos souvenirs
    Pour rattraper des bouts de conversations sans suite
    Mais le silence s’acharne à déjouer nos mots
    Venant se loger au bord des lèvres
    Scrutant le souffle incertain
    Comme un chien la gueule baveuse renifle une proie invisible
    Et le temps ne passe plus
    Il ne nous appartient plus
    Partout des pièges dissimulés sous les mots
    Marcher dans ce sentier de papier dessiné par l’enfant
    Ou s’arrêter devant chaque arbre figé sur la carte postale de sa vie
    Je le vois déjà se risquer ironiquement à pincer les cordes
    D’une harpe empruntée à son livre à colorier
    Comme il est gauche dans la douleur qu’il ne peut plus cacher
    La tête veut éclater pourtant il faut tester
    Et moi je dois témoigner que mon ami a une tête à penser l’impensable
    Il abandonne son passé
    Il n’a plus de présent
    Il avance dans l’inconnu démuni terrifié
    Je ne peux rien lui expliquer
    Je n’ai pas appris les mots de l’outre-frontière
    Puis sur le quai de la gare je n’ai pas encore mon billet
    Je saisi le parchemin au départ du train
    Que vais-je faire du testament d’un autre
    Il ouvre la bouche pour m’expliquer
    Trop tard les mots s’échappent dans l’air enfumé
    Son souffle crée de la buée sur la fenêtre du temps
    Je suis l’héritier d’un lourd souvenir
    Où vais-je transplanter ce testament

    ©Georges Beaulieu, 29 septembre 2012

    • Nicole Descôteaux

      poème vibrant qui signe une amitié véritable, merci de nous partager cette page déchirée de ton arbre de vie. Feuille libre dans le temps.

  2. 999ghb

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    J’aime beaucoup ton poème, Clovis. Je viens de le lire dans un resto de Trois-Rivières au festival international de la poésie, pour écouter les poètes du monde entier qui ne valaient pas – sauf un Polonais – ton poème. Si le président du festival Gaston Bellemarre n’avait pas été à trois tables de la mienne, je lui aurais tendu mon téléphone pour lui faire lire ton poème. Il aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent, mais il est parti avant la fin du spectacle. C’est un homme occupé évidemment…
    J’aime beaucoup ton poème et le premier vers m’a reporté à une expérience en cours, de voir partir en douce mais rapidement
    Un bon ami. Je te colle plus bas ce texte en contrepoint un peu plus dramatique que ton vers
    « De mon seul souffle tu voleras »
    Mais de la même inspiration (puisque nous sommes dans le souffle)
    …………………………………………………..

    Testament

    « Le souffle du poème transporte l’esprit des morts loin devant nous »

    Il m’a convoqué pour me lire son testament
    J’avais pourtant déjà hérité du temps de l’amitié
    Mais il veut coder le temps de l’entre-deux
    Le temps qui n’a plus d’avenir
    Celui qui ne nous appartient plus
    Nous avons emprunté une langue au vestiaire
    Fouillé loin dans nos souvenirs
    Pour rattraper des bouts de conversations sans suite
    Mais le silence s’acharne à déjouer nos mots
    Venant se loger au bord des lèvres
    Scrutant le souffle incertain
    Comme un chien la gueule baveuse renifle une proie invisible
    Et le temps ne passe plus
    Il ne nous appartient plus
    Partout des pièges dissimulés sous les mots
    Marcher dans ce sentier de papier dessiné par l’enfant
    Ou s’arrêter devant chaque arbre figé sur la carte postale de sa vie
    Je le vois déjà se risquer ironiquement à pincer les cordes
    D’une harpe empruntée à son livre à colorier
    Comme il est gauche dans la douleur qu’il ne peut plus cacher
    La tête veut éclater pourtant il faut tester
    Et moi je dois témoigner que mon ami a une tête à penser l’impensable
    Il abandonne son passé
    Il n’a plus de présent
    Il avance dans l’inconnu démuni terrifié
    Je ne peux rien lui expliquer
    Je n’ai pas appris les mots de l’outre-frontière
    Puis sur le quai de la gare je n’ai pas encore mon billet
    Je saisi le parchemin au départ du train
    Que vais-je faire du testament d’un autre
    Il ouvre la bouche pour m’expliquer
    Trop tard les mots s’échappent dans l’air enfumé
    Son souffle crée de la buée sur la fenêtre du temps
    Je suis l’héritier d’un lourd souvenir
    Où vais-je transplanter ce testament

    ©Georges Beaulieu, 29 septembre 2012

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