Bonne Année !

Enfin diraient certains, Noël est passé !

Pas tout à fait !

L’air est encore plein des voeux d’hier et en attente de tous ceux dont l’an nouveau va bientôt nous inonder.

La crèche d’hier était souvent pleine de nostalgie. Mais le demain de 2014, on le voudrait conjuguer sur un vent de promesses farcies de bonheur, de succès et de santé.

Pour une fois, les souhaits vont se montrer sincères et viendront recréer des liens par ailleurs moins philanthropiques.

À toi, ami et amie, Bonne Année !

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Hier, un soir de Noël

 

Je me souviens encore de ces carrioles avec des clochettes qui tintaient dans le noir et qui se regroupaient devant l’église aux vitres pleines de lumière. À chaque fois que la grande porte ouvrait, des grands airs d’harmonium nous disaient les joies de ce grand soir.

 

Dans nos habits propres, enfants de chœur, nous marchions à pas pressés pour aller revêtir nos soutanes rouges avec surplis blancs. La sacristie était bondée de paroissiens endimanchés.

 

Comme la chorale venait de terminer le « Nouvelle agréable», le curé nous faisait signe d’initier la procession d’entrée. L’harmonium reprenait un air de fête et le curé arrivait avec sa barrette bien placée sur la tête. D’un geste solennel, il se décoiffait, il faisait la génuflexion et il gravissait les marches de l’autel pour y déposer le calice et ses ornements.

« In nomine Patris… ». La messe était commencée.

 

Malgré les chants, les rituels de la messe et les oraisons en latin, les gens n’avaient d’yeux que pour l’immense crèche dans laquelle chacun des personnages gardait une pose empreinte de l’émerveillement dû à la naissance toute récente de l’Enfant Jésus. Un grand ange, posé devant la crèche, attendait avec un sourire les dons qu’il remerciait d’un léger hochement de tête.

 

Après une première messe, une seconde s’enchaînait. La chorale profitait de cette messe basse pour chanter les airs connus dans une suite qui accentuait le plaisir de cette nuit de Noël.

 

Au son d’un harmonium gonflé d’enthousiasme, les paroissiens sortaient à pas lents retrouver leur maison ou leur carriole, non sans avoir salué les uns et les autres et leur avoir souhaité les vœux de circonstances.

 

Dans chaque demeure, un réveillon attendait dans des odeurs de cipaille, de tourtière et de desserts sucrés.

 

Les anges étaient dans nos campagnes.

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Silence

 

Dans le silence de l’oubli

J’ai rangé mon coffret d’écolier

La mère supérieure et ses coups sur les doigts

 

Dans le silence de la terre

J’ai semé des espoirs de vie

Un peu d’ambition et beaucoup de rêves

 

Dans le silence de mes peurs

J’ai vécu le travail, l’obéissance

Et quelques réussites

 

Dans le silence de mon corps

J’ai connu sport, souffrances

Maladies et résurrection

 

Dans le silence de mon âge

J’ai choisi l’amour, le demain

Et l’envie de soleil sans fin

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Un peu avant souper

 

 

Il était là, sur le bord du trottoir, adossé au mur d’un édifice. Un manteau trop grand, des souliers sales et déformés d’usure, une vieille tuque sur l’arrière de la tête, un air hagard et une main tendue marquée de tristesse et pleine d’envie de se faire ignorer.

 

Ici, les itinérants sont peu nombreux. Ceux qui arpentent les rues cherchent vainement à se faire oublier. Ils ne nous ennuient jamais et ils nous invitent rarement à une compassion qui ne saurait être que fugitive.

 

J’ai déposé deux dollars dans sa main. Il a grommelé quelque chose.

 

C’était peut être merci.

 

 

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La charte

 

Un enfant a mis un bateau de papier à l’eau

 

Il était beau à voir

 

Les petites vagues le faisaient se balancer

 

Il flottait

 

Puis les vagues ont pris de la hauteur

 

Le petit bateau n’avançait plus

 

Il tanguait de gauche à droite au risque de verser

 

Le papier du bateau a pris un coup d’eau

 

Une petite brise l’a couché sur le côté

 

Puis, il a sombré

 

Un autre bateau sans histoire

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Ainsi

Il y a si long de temps que je ne sais par quel bout de papier je dois reprendre le rythme de l’écriture. Je sais bien m’avoir négligé et avoir aussi négligé certains lecteurs et certaines lectrices assidu(e)s.

 

Serait-ce la venue de l’automne qui nous fait retrouver différents intérieurs qui m’y incite ? Disons !

 

Maintenant que la glace est rompue, buvons les goutes du soleil et les rosées de nos nuits sans sommeil.

 

Au plaisir de tout ce qui pourra venir !

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Simplement

 

Si je te dis que je t’aime

 

Ne me demande pas pourquoi

 

Les jours, les nuits t’en diraient plus que moi

 

 

Longtemps j’ai regardé l’onde du lac

 

Lui te raconterait la douceur et l’infini répétition

 

Patience et présence intime

 

 

Sur la table, un café à demi terminé

 

À la porte, mes souliers usés

 

Au crochet, deux ou trois trousseaux de clés

 

 

Sur la terrasse, l’œil sur des canards passants

 

Gouter l’air du matin si léger

 

À l’envers, la rive du lac se miroite dans l’eau

 

 

Plus j’y pense, mon cœur cogne à ta porte

 

Il sait la chaleur et l’empreinte de la beauté

 

Il n’attend plus, il te le répétera

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Silence

 

Loin des mirages, des maquillages

 

Et des faux-semblants

 

 

Je suis un passager du silence

 

De celui que l’on cherche

 

Les soirs de tempêtes

 

Celui qui nous emplit les oreilles et le cœur

 

Les jours de solitude

 

 

Béat, je veux m’enrouler dans sa ouatine

 

Esseulé, m’envoler vers des mers fauves

 

 

Me lover

 

Au seul bruit d’un tic tac d’horloge

 

Au son du train qui ne reviendra pas

 

 

Étourdi des silences

 

Tous pleins de toi

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Gouvernance masquée

Dans un univers de portes ouvertes

 

Les uns les autres suivent en silence

 

Un guide désormais aveuglé de pouvoir

 

 

Ils avancent à pas de plus en plus pressés

 

Sans savoir sur quelle route marcher

 

Sans paroles aux propos nuancés

 

 

Le soleil est blanc tel froid d’hiver

 

Les arbres sifflent des air entendus

 

Seuls en montagne des loups pleurent

 

 

Hébétés nous les voyons de loin venir

 

Ne sachant l’avenir des enjeux ourdis

 

Inquiets nous frappons des murs érigés

 

 

Les dieux d’hier parlent à voix feutrée

 

Ils savent le sourd fardeau imposé

 

Muets comme avant ils plaident la liberté

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D’hier et d’aujourd’hui

 

Au hasard des naissances

 

Je suis né dans la forêt

 

Dans la forêt des rendez-vous

 

 

Un matin d’hiver

 

Entouré de bras tendus

 

Et nourri de mains attentives

 

 

Dans cette forêt j’ai grandi

 

Avec oncles et tantes

 

Heureux et souriants

 

 

Au gré des chemins

 

Cousins et cousines j’ai rencontrés

 

Parents et gens contents

 

 

Forêt de relations

 

Qui reprend force

 

Aux grands moments de la vie

 

 

Dans l’heur et dans la douleur

 

Il y a fierté de se revoir ensemble

 

Partager l’espoir et le souvenir

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