Longs champs de blés
Fauchés
Seules tiges blondes
Émergent comme cris
Oiseaux grisés d’automne
Cherchent
Dernière pitance
Poussées par vent frileux
Brindilles s’éparpillées
Recherche d’abri
Longs champs de blés
Fauchés
Seules tiges blondes
Émergent comme cris
Oiseaux grisés d’automne
Cherchent
Dernière pitance
Poussées par vent frileux
Brindilles s’éparpillées
Recherche d’abri
Classé dans Poésie
Après le labeur de l’onde quotidienne
Le soleil couchant
Dessine un horizon mythique
Une mouvance de sable
Que la vague accentue
Me caresse la plante du pied
Sans montre ni agenda
J’avance vers le traversier
Sans heure de départ connue
Gorgées de vent et d’air pur
Les voiles tournoient
Prêtes pour un vol vers un sud sans fin
La lune a rendez-vous avec la nuit
D’éclairs en éclipses
Elle annonce un jour nouveau
Après celles de matines
Vinrent les cloches de midi
C’était hier
Puis
Les tintements des vêpres
C’est aujourd’hui
Le cœur et la tête ailleurs
J’entends mal les bruits au loin
Et je continue à racler les feuilles
Meurent les hiers noirs
Cessent les pluies et les ciels gris
C’est l’aurore d’un pain neuf
De longs demains
À explorer
Classé dans Poésie
Au delà du métier de vivre
C’est la vie qui passe à hauteur d’oiseau
Le grand vent qui oblige les goélands
Voudrait taire nos envies d’envol
Cumulés les ans et nanti d’amour
Le soir, je veux dormir près de toi
Classé dans Poésie
Comme en écho
Le huard au loin
Lance sa plainte
Le calme sourit
Dans le bruissement
Des feuilles
Cette vie
Qui s’attarde
Sur ma table
Classé dans Poésie
Douceurs d’été
Félicités engrangées
La nuit est fraiche
Le lac est calme
Quand je serai grand
La mer sera immense
Je partirai au loin
Chercher l’onde sans fin
C’est elle que j’aimerai
À flanc de montagne dessinée
À chevelure mêlée
Emparfumée et dénudée
Classé dans Poésie
La route est longue devant soi
Derrière, les pas sont lavés par la vie
J’ai marché longtemps sur les pavés
Puis, le soleil s’est levé sur ma tête
Le regard blasé de la routine
A fait oublier la piste sinueuse
La pensée s’étourdit d’accoutumance
Et les chaussures peinent sur les cailloux
J’ai passé le village au cœur vidé
Même l’église est délaissée
À passer les souvenirs et les hiers
La pluie endort ceux qui s’y bercent
Au loin, il y a encore la terre
La mer limite ses longs contours
Pendant que le vent pousse les vagues
J’essaie d’apprendre à ramer sans peine
Il a fait beau temps, il a venté
Marins et pêcheurs sont passés
Vêtus, casqués, m’ont salué
La pêche fut bonne mais ardue
Demain, c’est la ville et ses mirages
Le bitume et les façades bariolées
Le cœur à la fête, j’erre et me perds
Mais, d’où vient cet air que je l’aspire ?
Classé dans Poésie
Le vent du nord saccageur se lève
La route du rang est enneigée
Espérant la déchirure de l’hiver
Sous manteau de glace épaissie
Il souffle son humeur à pleines narines
Et pointe le fusil de sa peur imaginaire
Sous un ciel décoloré pour mer endormie
Il voudrait tant entailler le printemps
Et bouillir ses arômes à casseroles fumantes
Pour donner au temps la fièvre du soleil
Classé dans Poésie
Le lendemain, il était mort
Des ans il en avait tant vécus
La vie l’avait quand même bien protégé
Mais un regret a percé son cœur
La mer l’a laissé sur le quai
Les grands départs n’ont pas eu lieu
Dans un quotidien aux mille routines
Il a usé son chemin aller retour
Il a fermé son œil, sa porte et ses amours
Marcher à n’en plus savoir marcher
Vivre ses demains comme ses hiers
Sa mer étale était sans mats et sans bateaux
Ses heures étaient comme un pantalon usé
Décoloré et désabusé
Son fauteuil de TV a un ressort qui grince
Son chat le regarde essuyer ses lunettes
Il va bientôt aller vers son lit défait
Sa nuit sera sans rêves et sans repos
Paul était chauffeur de taxi
Classé dans Poésie
Absence pénurie solitude
Ventres affamés oreilles tendues
Des enfants, des mères perdues
Cœurs ouverts et mansuétude
Gamins armés âmes désertées
Rires aux abois désormais tus
Avenirs abominés et ruinés
La vie emmurée tirée aux dés
Œillères et muselières secrètes
Appels sans programmes permis
Pitance sans jeux vite faite
Incompris enrôlés tels des fourmis
Classé dans Poésie
Vent nuage et confrontation
Envergure et montagne
Huées foulards et l’impossible
Violence qui rétrécit le monde
Dialogue tronqué voix muette
Crainte et frayeur sociale
Dieux et démons en lutte
Le temple se drape de noir
Le trottoir a largeur de rue
Le salut a hauteur de poing
Stupeur et colère au cœur
Recrudescence manifeste
Affirmation de l’incompris
Liberté outrée et proférée
L’honneur dans le désordre
Sans colombe la paix gémit
Classé dans Poésie