Archives de Catégorie: Réfléxions quotidiennes

8 Janvier 2012

Hier, j’étais à pelleter la grande galerie qui borde tout le devant de la maison et, selon la recommandation des gens de la santé, (en fait c’était pour reprendre mon souffle) j’ai pris une pause et je me suis accoudé sur le rebord de la rampe. Là, j’ai longuement regardé la lac. Il est gelé et presque tout blanc. Une motoneige, puis une autre sont passées au loin. J’entendais à peine le bruit des moteurs,  ni ne sentais l’odeur d’essence qu’elles ne manquent habituellement pas de dégager.

Il faisait si beau. Le vent était absent et le soleil aussi.

Le calme des alentours prêtait aux rêveries.

Quand on entre en hiver, il ne nous manque pas d’anticiper ou d’entrevoir de grands froids, des tempêtes de neige, des routes glacées à visibilité réduite et des heures à regarder par la fenêtre pour chercher le moment d’accalmie. Pourtant, cette perception d’entrée comme en retraite fermée ne s’avère souvent pas toujours juste.

Toujours bien accoudé, je me sentais entouré d’une lumière blanche qui donnait à la neige un éclat bleuté. L’air était bon, il sentait le propre.

Quelques mésanges à tête noire sont venues batifoler dans les cèdres au bord du lac. Elles me semblaient joyeuses et pleines d’entrain. Plus au nord, dans la montagne, deux corneilles tenaient une conversation éraillée. Entre les croassements, c’était un silence à saveur monastique. Et je me sentais bien, dans cet hiver, chez moi.

Puis, j’ai repris ma pelle avec l’ardeur de mes vingt ans.

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C’ÉTAIT JEUDI

Dans mon épicerie, c’est le jeudi qui est le jour des nouveaux rabais sur divers produits. Il est donc prévisible que ce soit un jour d’affluence. Contrairement à l’été, ici, l’hiver c’est le nombre de gens âgés qui nous étonne à première vue.

Ce qui ne manque jamais de me surprendre c’est le comportement d’un certain nombre de clients et surtout de clientes, puisque chez nous ce sont encore les femmes qui ont la mainmise sur le choix et la quantité et la qualité des éléments d’alimentation.

Il faut donc les voir, ces petites vieilles circuler dans les allées de l’épicerie en se tenant ferme sur le bord du chariot tout comme il s’agirait d’une marchette. Leurs déplacements sont lents. Il faut bien vérifier le produit, lire son étiquette avant de le remettre à sa place pour en prendre un autre et poursuivre la quête du bon achat. Devant le présentoir des fruits, elles n’ont de cesse de les tâter comme pour s’assurer de laisser là ceux qu’elles ne veulent pas.

S’il arrive qu’elles croisent une connaissance au centre ou au bout d’une allée, c’est l’arrêt immédiat et de longs échanges de nouvelles et parfois d’encouragement démarrent. On le sait, il y a toujours des maladies qui méritent explications. À cet âge, la conversation commence et finit sur des propos relatifs à divers malaises ou opérations chirurgicales complexes. Comme les allées sont étroites, les embouteillages sont fréquents mais ils  ne semblent jamais les concerner.

Quand le chariot est plein et que le magasinage prend fin, c’est à la caisse qu’il faut les voir fouiller méticuleusement dans leur petit portefeuille pour extirper les bons billets et la bonne  monnaie. Certaines ont le  malin plaisir de toujours fournir le bon compte, jusqu’à la dernière cenne qu’elles ont parfois bien de la peine à trouver. Ceux qui suivent n’ont qu’à attendre. D’autres ont tant de cartes de crédit qu’il faut du temps pour les démêler et se servir de celle qui convient.

En sortant, il y a le comptoir pour l’achat des billets de loterie. Il y a un tel choix que l’hésitation est compréhensible. Certaines vont jusqu’à demander à la caissière lesquels sont les plus chanceux. Plus loin, il y a une petite tablette où il est possible de procéder au grattage des cartes. Là, il y a parfois une file d’attente.

L’autre jour, au sortir du centre d’achat, il y avait deux vieilles qui, tout en poussant leur chariot dans une neige mollette, se demandaient avec un brin d’inquiétude : « Tu le sais-tu toi, où il est le char ? »  – « Me semble que c’est par là ! » – « Ok, on y va ! »

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LES FÊTES

 

 

Ils sont venus avec le bonheur au cœur et une pleine brassée de cadeaux. Et bonne année grand-mère !

D’un repas à l’autre, d’une ballade à une partie de hockey sur le lac, d’une descente en ski à un p’tit tour au chocolatier, d’une coupe de vin à une flute de champagne, ce fut un trop court temps pour se dire, avec une retenue bien de chez nous, qu’une affection douce et tendre nous unit.

Ce fut de longs moments à regarder deux enfants qui, sans le savoir, multipliaient les gestes d’un apprentissage de la vie et savaient d’autant nous faire sourire et nous émerveiller.

Puis, ils sont partis, avec le même bonheur qu’ils nous ont tisonné à répétition, non sans nous avoir rempli la maison au bord du lac de va-et-vient, de bonnes odeurs de cuisine, d’éclats de rire, de lever tôt et de coucher pas trop tard.

 

Merci la vie !

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Janvier

Dans notre société de rapidité, dès que Janvier se pointe c’est déjà le retour au normal. Les fêtes sont terminées. Il n’y a pas si longtemps, c’est avec Les Rois que la vie redevenait ordinaire. M’enfin !  Aujourd’hui, il fait un froid de canard. Nous sommes dans une période de contraste. Hier le doux, maintenant le froid. Le plus curieux, c’est qu’on s’y fait. Mon pays…

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