Archives de Catégorie: Poésie

Un peu de poésie de mon cru

D’hier à demain

 

Sur les berges de ma vie

 

Les vagues incessantes du bonheur

 

Roulent les galets de mes espoirs

 

 

Au brillant du clair de lune

 

La marée montante de l’amour

 

A brisé les fragiles écluses

 

 

Plus loin, les ondes du passé

 

Se dissipent en silence

 

En débordant d’avenir

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Point d’orgue

 

Quand les oies blanches

enneigent les champs d’automne

 

Quand le grand lac esseulé

s’endort peu à peu

 

Quand le silence du soir

s’étire de branches en branches

 

Quand la dernière feuille de l’arbre

vacille au bout de sa tige

 

Quand le long fleuve de mes amours

court le long de ton sein

 

Il est si facile de dire « je t’aime ! »

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Mirages en parade

Les miroirs de ma vie

Racontent tout ce que j’ai oublié

Le spectacle des ans

Par séduction et mirage

Veut soumettre à l’idéal

Érotisation transitoire de l’humain

où la jubilation magnifie la beauté du rêve

qui superpose la supercherie à l’évidence

Le chaos fusionnel de l’image de soi

Nourrit la douleur narcissique de l’amour évanoui

La cérémonie du corps qui dévore la jeunesse

Dans une autonomisation à l’adresse du passant

Mascarade de la rose sans pétales

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Cortège insensé

 

 

L’ivresse de nos envies

nous brûlèrent des ponts

que nous croyions si essentiels

hier encore

 

L’œuvre des sens

a brandi nos êtres enfiévrés

hors des conventions entretenues

 

La luxure de nos inclinations

a dispersé des éclats de toi

tout autour de la forteresse de mes retenues

 

Notre fièvre a pris chair

dans l’innocence de nos confiances

et dans l’énoncé d’aveux d’éternité

 

L’émotion de toutes nos vies

ensoleille nos sagesses épargnées

et colore tous nos matins du monde

hier et pour toujours

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Paroles pour un chant démodé

 

Elle danse comme feuille à l’arbre

Le matin s’habille de beaux courants d’air

Part en voyage comme train d’enfer

Charme séduction gestes et palabres

Chimère Chimène

Il s’enfuit et dort fait le chien et mord

Cogne et tire à sueur d’automne

Marche toujours droit même si ivre mort

Sagesse d’hier aujourd’hui détonne

Forcené forçat

Rodomontade et discours emprunté

Au plus fort donné avantage sacré

Cocarde et médailles sur coquille montées

Le fou parle haut le bateau ancré

Trompeuse trompette

Ciel s’éclaircit et morale renaît

L’enfer disparu maladie vaincue

Bonheur ajouté celui qui dit vrai

Travail et douleur quotidien vécu

Livre d’arrhes livre d’eau

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PEUT-ÊTRE

 

Le jour où l’ombre noire viendra

Vents et marées l’accompagneront

Les nuits nous seront décomptées

De mon seul souffle tu voleras

 

Alors et toujours comme il plaira

Je serai l’onde de ta pierre jetée

Cent cercles autour le répéteront

Tel le huard dans la brume naissante

 

Le cri de nos vies dans un ciel clair

Comme la rose à peine éclose

Dira le parfum d’un amour nanti

Tel la bague au contour infini

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Ainsi va le vent

 

Muni d’un cerf-volant

Dans la vague du séant

Il est venu en passant

Un matin de printemps

 

Comme un bateau toujours en mer

Il se pointe droit tête altière

Comme une vie qu’il voudrait bien en main

Il fait tourner et retourner l’oiseau qu’il tient

 

Fier d’un vent contraire

Les pieds plantés et mobiles

Il s’amuse des résistances qui filent

Comme on le fait été hiver

 

Tourne le vent, souffle la bise

Le cerf-volant

De frayeur gronde

 

Un piqué immobilise l’envol

D’un coup il remonte

Plus fort et plus frivole

D’une corde il le dompte

 

Ainsi va le vent

Ainsi va la vie

 

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JE SUIS UN SOIR D’OCTOBRE

 

Sur les chemins de la maturité

J’ai vu venir la vieillesse

Elle avait le pas peu assuré

Son visage tuméfié laissait croire

À de trop fréquentes chutes

 

Sur mon chemin aux mille détours

J’ai vu l’indication funeste

Du dernier parcours

 

Cherchant de l’œil les amis dispersés

J’ai senti l’air devenir plus frais

Et le ciel s’ombrer de signes moins cléments

 

Je suis un soir de fin d’octobre

Surpris de tant de jours passés

 

Les tomates et les blés ont donné leur plein

Des enfants rient dans les pointes de maïs fauchés

Dans mes yeux mouillés de tendresse et de souvenirs

Leur plaisir devient presque le mien

 

Le vent balaie des millions de feuilles mortes

Au coupe-vent s’ajoute une doublure

 

Les oiseaux hier attroupés ont glissé sur l’air

Au rythme du soleil mon chant et mon souffle s’écourtent

 

Pourtant

Souriant aux bons coups du sort

Je reprends le stylo de mon récit

J’ai d’autres heures

Et d’autres joies à moissonner

 

J’ai encore du temps à chérir

J’ai un champ en jachère

Et un arbre à planter

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LE CRIARD DE LA SHOP

 

Le criard de la shop a sifflé deux fois

 

D’un même geste, ils ont écrasé leur mégot

et sont entrés par la grande porte

Tout le jour, ils ont poussé, tiré, sué

 

Boîtes à beurre de mon cœur

 

Sur un parfum de paraffine chauffée

la poussière de bois a blanchi leurs épaules

farci leurs oreilles et teinté la lueur des ampoules

 

 

Le criard de la shop a sifflé deux fois

 

Lourds de leurs répétitions machinales

D’un même geste ils ont secoué leur casquette

Ils ont marché vers leur maison, leur famille,

leur repas et leur repos

 

 

Du cœur du printemps au cœur de l’automne

ils ont prêté leur bras, leur dos, leurs mains

À force d’adresse et de solidarité

ils ont fabriqué une fierté

 

À travers des boîtes aux destinations canadiennes

ils ont vécu leurs stériles rêves de voyage

et forgé leur présence muette

 

 

Le criard de la shop a sifflé deux fois

 

 

Un soir d’automne

Comme par une fatalité indiscutable

Le criard de la shop a lancé un long sifflement

L’usine fermait définitivement ses portes

 

Une à un, les ouvriers ont quitté leur unique gagne-pain

sans tourner la tête, sans un regard sur leur passé

Ils ont gagné leur chaumière et compté leur derniers sous

 

 

Après ce dernier sifflement

Leur vie a basculé et furent réduits leurs espoirs

 

Les jeunes ont pris le chemin des villes

et laissé le plus âgés repeindre leur demeure

aux couleurs de l’automne

 

Dans un silence presque coupable

Les propriétaires ont abandonné et fermé l’usine

Une à une les machines sont parties

Tout a été vendu

 

Plus jamais ne sifflera le criard de la shop

qui a marqué leur passage à la vie d’adulte

qui a mesuré leur repas et leur détente

qui a sonné leur rassemblement

et déclaré leur retraite

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DE L’OMBRE AU CLAir

Comme l’ombre du poteau

Je vais comme à vau-l’eau

J’essaie de me tenir à flots

Mais rien ne m’est rigolo

Comme un automne de ciel ouvert

On dirait la vie à l’envers

Pour bien des humains de la terre

Avec le froid vient l’hiver

Je peux bien faire le pitre

Me coller la joue sur la vitre

Je me sens évêque sans mitre

Qui n’a même pas de titre

Comme un automne de ciel ouvert

On dirait la vie à l’envers

Pour bien des humains de la terre

Avec le froid vient l’hiver

Loin de moi, loin des miens

Je ne sais que faire de mes mains

J’erre de gares en trains

Me sentant un peu vaurien

Comme un automne de ciel ouvert

On dirait la vie à l’envers

Pour bien des humains de la terre

Avec le froid vient l’hiver

Pauvre de moi qui suis seul

Il ne me manque qu’un cercueil

Pour emboîter tous mes deuils

En riant me faire un clin d’œil

Il faudrait un printemps de ciel ouvert

Pour mettre le cœur à l’envers

Pour bien des humains de la terre

Changer le froid pour un ciel clair

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